Sunday, June 13, 2010

Un mois de moins

Voilà un mois que je vis et travaille au Pérou.
Incroyable comme le temps passe rapidement!

Il est clair que l'adaptation du début a été quelque peu difficile (culture bien différente, nouvelle famille, laissée à moi-même à accomplir un travail dans lequel je n'ai aucune expérience et dont la nature et les tâches sont à déterminer par moi seule en grande partie). Toutefois, je commence maintenant à parcourir avec plus d'aisance le chemin de ma nouvelle vie ici.

À Caritas Felices, je connais maintenant mieux les filles (petites et adolescentes avec qui je travaille). Avec le temps, je me rends compte que l'important dans ce milieu n'est pas simplement de créer et d'animer des activités. Il faut aussi être à l'écoute des besoins que manifestent ces personnes dans le moment présent et pour leur futur, et qui varient parfois de l'une à l'autre. Ainsi, la présence et la chaleur humaine, ainsi que l'échange culturel et de connaissances compte beaucoup dans ce que je fais. Je fais beaucoup d'aide aux devoirs, je joue et parle avec les filles, je lis des histoires aux petites, je vais les chercher à l'école.

Il y a un peu plus d'une semaine, trois nouveaux volontaires sont arrivés à Caritas Felices, des Coréens : leur nombre ainsi que l'exotisme de leurs visages, de leur langue et de leur culture a créé un attrait monstrueux auprès des filles, qui leur ont demandé de traduire pratiquement un dictionnaire au complet en signes coréens. Ceux-ci ne parlant que l'anglais et le coréen, je suis en quelque sorte devenue la traductrice entre eux et les filles...signe, je crois, que mon espagnol ne se porte pas si mal en fin de compte.

Cette semaine, j'ai commencé à mettre en place une activité de confection de peluches (toutous) qui, bien qu'elle paraissait bien compliquée à accomplir au départ, s'est avérée bien simple et a fait fureur autant avec les plus jeunes qu'avec les adolescentes. Tellement que j'ai dû racheter du matériel. Les premières ont fait des papillons, des coccinelles et des poissons (oui oui, certaines voulaient faire un poisson en peluche, quoi de plus populaire). Les grandes, elles, voulaient toutes faire des coeurs, des fleurs ou des étoiles...dans ce pays où les téléromans dramatiques à l'eau de rose sont les émissions les plus populaires, je ne m'étonne plus de rien! ;) D'autres, ne possédant même pas d'oreiller ou de foulard pour l'hiver ont préféré utiliser le tissu de façon plus pratique. En somme, il s'agit d'une belle expérience à vivre.

En outre, je bénéficie d'une chance unique et spéciale : avec une autre volontaire du Québec, Martine, j'ai commencé à donné des cours d'anglais au collège primaire où vont les plus jeunes de Caritas Felices. J'enseigne dans les classes de deuxième à sixième années les lundis, mercredis et vendredis. Les enfants de certaines classes sont des monstres, n'écoutent pas et ne tiennent pas en place. Au contraire, d'autres courent vers moi lorsque je me pointe au collège et me demandent toujours quand je leur donnerai leur prochain cours d'anglais et ce qu'ils apprendront. À ma grande surprise, je dirais que les meilleurs et les plus motivés sont à la fois les plus jeunes et les plus vieux. J'adore cette expérience et j'essais de préparer des cours qui sauront les intéresser. Les filles les plus jeunes de ma famille d'accueil ont d'ailleurs décidé de m'aider en me donnant des idées de thèmes et d'exercices à utiliser et me demandent en échange, à mon grand plaisir, de leur enseigner un peu de français. Cela fait drôle parfois de devoir travailler toute la journée avec des enfants et d'arriver dans une maison le soir où d'autres enfants me demandent de jouer avec eux.

Autrement, j'ai des tonnes de pages de devoirs de stage à faire, ce qui fait que j'ai moins de temps et de motivation pour écrire dans ce blog, mille pardons.

J'essaie toutefois de trouver un petit peu le temps de prendre le pouls du rythme de la fiesta péruvienne. Entre autres, parce que le mois de mai a été submergé d'anniversaires d'amis et de membres de la famille de ma famille d'accueil. Quelques différences à ce sujet. Ici, les bars se font plutôt rares et laissent place à des discothèques. Les Péruviens sont un peuple chaud et quand ils sortent, ils aiment danser. Aussi, les gens ont le droit de boire dans la rue et préfèrent se passer le verre et la bouteille de personne à personne en prenant de petites rations à la fois que de prendre chacun leur verre ou leur bouteille séparément. Je m'aperçois que c'est souvent dans les détails qu'on observe les particularités culturelles et c'est donc souvent chacun de ces détails que l'on retrouve la différence et l'unicité de chacun des peuples. C'est la même chose concernant les habitudes de vie, les objets, matériaux et techniques utilisés, la nourriture, etc.

C'est bien en voyage que l'on se retrouve à vivre un paquet d'événements qui normalement ne nous arrivent jamais. Quelques anecdotes.

1. J'ai la chance d'être tombée sur une famille qui possède une laveuse. Récemment, cependant, cette-ci a rendu l'âme. Un soir, j'ai donc dû faire mon lavage à la main, essorage compris. D'ailleurs, prévoyante comme je suis, j'ai attendu d'avoir porté tout le linge que j'avais apporté en voyage... je rappelle qu'on est presque en hiver ici, quand le soleil ne sort pas et que le linge est trempe de la sorte, cela peut prendre trois jours à sécher. Ainsi, au bout d'environ quatre heures de travail, les mains rouges et sans aucune force dans les bras, j'avais terminé! Quelle expérience! On a même dû me prêter du linge pour une journée.

2. J'ai récemment assisté à une grande parade réunissant presque tous les habitants de Pachacamac qui étaient dans un état de joie et d'émotivité total. La raison en était simplement le retour pour une quinzaine de jours d'un prêtre autrefois adoré de la communauté (un homme d'une bonté et d'une générosité peu communes apparemment) et parti vivre en Espagne depuis une quinzaine d'années. Événement que l'on ne retrouverait pas au Québec aujourd'hui je crois... du moins certainement pas à Montréal!

3. Un soir, j'ai dû coucher dans le dortoir des petites à Caritas Felices, à la demande de la tutrice qui s'absentait. Tout s'est bien passé : après un fil et du coloriage, j'ai couché les filles bien tranquilles à 9h30. À 22h30, les adolescentes reviennent du collège. Celles qui dorment dans le dortoir des petites ont allumé les lumières, mis de la musique, réveillé une petite pour savoir où elle avait laissé la télécommande de la télé. Pour eux, c'est normal apparemment et les petites dorment comme des pierres. C'est moi qui n'arrivais pas à dormir dans ces circonstances, sachant que je devais réveiller les petites le lendemain matin à 5h30! En attendant, j'ai passé au moins une heure à observer tranquillement les neuf coquerelles qui se promenaient sur la base de lit au-dessus de ma tête. Tant qu'elles restaient dans ce périmètre, je n'avais pas trop de mal. Je me disais : je suis au Pérou, c'est normal et elles dorment dans ces conditions toutes les nuits et sont encore vivantes! N'empêche, je n'ai pas passé une nuit des plus rafraîchissante.

4. Je suis sortie à la belle plage de Punta Hermosa l'autre soir avec d'autres volontaires dont je me suis liée d'amitié et quelques autres personnes. Nous buvions et discutions tranquillement, assis dans les marches entourées de grosses pierres et écoutant les vagues de la marée montante se jeter à nos pieds. Je laissais parfois mon verre reposer sur la marche où j'étais assise. Chanceuse comme je me découvre au Pérou, l'une de mes gorgées s'est accompagnée d'un condiment dont la texture ressemblait à celle d'une cerise artificielle. Étonnée, je l'ai sortie de ma bouche et j'ai eu l'horreur de la sentir bouger dans mes doigts. Apparemment, il s'agissait d'une coquerelle. Ouf! J'ai encore du mal à avaler l'idée haha! ...Ce n'est pas tout! À un moment, moi et Martine (une autre volontaire québécoise) sommes allées à la "salle de bain". Le réflexe canadien de laver nos mains par la suite nous a fait rapprocher de la mer... un peu trop, car la vague suivante, plus forte, nous a laissé les souliers et les bas de pantalon complètement trempés. Rien de si grave, jusqu'à ce que Martine se rende compte qu'entre temps, elle avait marché dans de la merde et que l'odeur restait bien imprégnée dans son soulier! Plus tard, à l'heure du retour, se suffisant des moyens du bord, celle-ci a décidé de revenir chez elle chaque pied dans un sac de plastique. Ainsi, dans la tranquillité et le silence quasi complet de la nuit, nous n'entendions que le bruit des sacs de plastique à chacun de ses pas : "shouk, shouk, shouk, shouk, ...". Je me mourais de rire.

5. N'ayant revécu cette pénible expérience depuis l'âge de trois ou quatre ans, voilà qu'au Pérou mon oreille décide de se munir d'une otite! Remède maison personnel : frire de l'ail dans de l'huile. Celui de ma famille d'accueil : faire brûler un cône de papier journal dont on insère la pointe dans l'oreille pour en faire sortir l'air ou l'eau dans un "pouf!". Malheureusement, aucune de ces recettes n'a fonctionné. Il s'agissait d'une inflammation. Durant la nuit la douleur me donnait l'impression que mon tympan allait éclater. Moi qui normalement ne visite jamais le docteur, j'ai dû retourner pour une deuxième fois en un mois à la clinique. Décidément, la chance me sourit au Pérou! ;)


Voilà les news du mois...toujours plus long...pour ceux qui aiment lire!
Je pense à vous, vous me manquez tous!
Donnez-moi des nouvelles itoo.

À bientôt!
xxx

4 comments:

  1. Ta photo est assurément jolie!

    C'est génial d'avoir de tes nouvelles mais si ce n'est pas souvent... Je comprends, t'inquiètes. Faire un blog, c'est comme faire un devoir supplémentaire dont nous sommes récompensés par des commentaires. Mais du moins, tes messages sont toujours intéressants et on se sent au Pérou avec toi !

    L'Amérique latine est remplie de richesses, tu me donnes le goût de repartir au plus vite!

    Portes-toi bien et continues de nous écrire ! Ton blog est bien meilleur que n'importe quel émission à l'eau de rose latine..

    Marjo xxx

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  2. Je suis bien d'accord avec le commentaire de Mojo. La photo est très jolie. Tes commentaires sont toujours aussi captivants qu'intéressants. On se sent vraiment avec toi au Pérou. Continue de profiter du moment présent. Tu sembles très heureuse! ;)

    @+

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  3. Merci pour vos commentaires les filles, ça fait vraiment plaisir! Personnellement, j'avais peur de donner trop de détails.

    J'espère que vous passez un bel été aussi! Je vous invite à me donner de vos news plus souvent itoo, j'ai bien hâte de vous revoir!

    Je vais essayer de mettre plus de photos. Au fait Mojo, est-ce qu'il y a une page ou un endroit spécial dans mon blog où je peux mettre plusieurs photos? Je n'en ai pas trouvé.

    @+
    Gab xx

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  4. Te lire est délectable... J'aimerais copier plusieurs bout de ton texte pour commenter (à ma manière) mais il y en a bcp trop...Continu d'écrire tu fais tellemet bien ça...Amuse-toi, grandi, embrasse un péruvien sexy, ne mange pas trop de coquerelles et je terminerai en disant : " Les Péruviens sont un peuple chaud "

    Hasta luego!

    Caro

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