Chers amis, une autre anecdotes pour vous.
Je vous ai déjà dit qu'au Pérou je ne m'étonne plus de rien?
La semaine passée, j'ai eu l'occasion d'assister live à l'opération de stérilisation du chat de la maison. Pour aider la féline à passer à travers cette dure épreuve, la famille a décidé que nous allions lui tenir support en allant au vétérinaire toute la marmaille réunie. Pour couronner le tout, le hamster de la maison était mort quelques jours auparavant, quant au lapin, atteint d'une infection au derrière, a rendu l'âme le soir même dans la voiture en route vers le vétérinaire. L'humeur était donc joyeuse et détendue comme vous pouvez l'imaginer!
Rendus sur place, le lieu dans lequel on allait opérer le chat (qui, tant qu'à moi, ressemblait davantage à un garage), ne comptait qu'une seule pièce. À l'avant à la gauche se trouvait une table de métal séparée de la porte sur la droite par une simple vitrine de plastique transparant. Nous attendions que le vétérinaire soit prêt à procéder à l'opération quand, au bout de quelques minutes, je me suis apperçue que celui-ci allait opérer le chat sur la table de métal en question... en direct devant nos yeux. Le fait est que l'assistant vétérinaire était un ami d'un membre de la famille. Je ne sais pas si c'est là la procédure habituelle, mais tout de même, j'avais du mal à croire à cette idée! Nous nous sommes donc répartis autour de la table, à regarder comme des voyeurs le chat se faire endormir, ouvrir et tripoter l'intérieur. Quelle expérience!
Vous voyez les émissions du genre où la caméra nous montre sans gêne ni émotion les organes de l'animal à l'air libre et les chirurgiens en plein action. Eh bien, ça ressemblait à cela, mais en pire dépendamment du point de vue. Premièrement, quand le chat se faire endormir, il a une apparence de mort, avec les yeux et la bouche ouverte. Le vétérinaire a ensuite commencé par trancher la peau du ventre du chat couche par couche, ce qui n'est pas particulièrement agréable à voir. Placée du côté de la tête du chat, je pouvais voir sa langue se tendre et se mouvoir dans sa bouche lorsqu'il avait mal, ce qui m'écoeurait bien davantage que de voir l'opération en question. Une fois le corps ouvert, vint le travail principal du chirurgien. Celui-ci a passé une bonne demi-heure à chercher les ovaires dans le ventre de la femelle. Nous pouvions le voir sortir les organes du ventre un par un : "Ah non, ça c'est le gros intestin"..."Ah non, ça c'est la vésicule je crois"..."Ah non encore un autre bout d'intestin". À un moment, il a même enfoncé sa main dans le ventre et a commencé à fouiller de plus belle à l'intérieur. Et la pauvre chatte qui tordait la langue de plus belle! Le docteur a finalement réussit à trouver le premier ovaire, mais il a été obligé de couper un peu plus le ventre du chat pour trouver le deuxième.
Une fois cela fait, il a cousu et coupé chacun des ovaires, puis a recousu le ventre du chat, couche par couche encore une fois. Une fois ramené à la maison, celui-ci a mis deux heures à se réveiller. Après une nuit de douleur visible, déjà il voulait marcher et titubait courageusement avant de tomber après quelques pas d'un côté ou de l'autre, puis de recontinuer son chemin et de tomber de nouveau. Elle ressemblait à un chat qui a trop bu!
Je vous rassure, le chat va maintenant très bien. Elle a quand même mis une bonne semaine à se remettre et ses points de souture se sont fait retirés quelques jours plus tôt.
Voilà toute l'histoire!
Ciao ciao!
Thursday, July 22, 2010
Saturday, July 3, 2010
Nouvelles nouvelles
¡Holà la gente!
¿Comó estàn? J'ajoute enfin de nouveaux écrits à mon blog trop souvent abandonné. Mille pardons pour ma paresse de vous écrire plus souvent. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à vous, vous me manquez tous et j'ai vraiment hâte de vous revoir pour qu'on jase à nouveau de vive voix! Mais j'avoue que ma vie est bien remplie ici et que je me laisse porter par les expériences que je vis, bonnes, mauvaises ou confondantes dans mes réflexions, tentant de profiter et de vivre le moment présent.
Je ne peux pas nier que j'ai vécu quelques moments difficiles il y a quelques temps. Ma partenaire d'enseignement m'ayant quittée pour voyager il y a quelques semaines, je me suis retrouvée toute seule pour donner mes cours d'anglais. La première semaine, les enfants ne tenaient pas en place, parlaient, criaient, se levaient constamment, sortaient de la classe ou me demandaient dix à la fois s'ils pouvaient aller au toilette. Je me suis dis que j'allais préparer plus d'exercices pour les faire participer puisqu'ils aiment bouger et interagir. Ce fût encore pire. Soit les enfants criaient tous en même temps les réponses même si je leur avais expliqué clairement de lever la main pour répondre, soit ils couraient et se battaient pour pouvoir écrire la réponse au tableau. Je commencais à douter de mes capacités à accomplir une telle tâche toute seule et à me demander si je ne serais pas mieux de me limiter au simple travail avec les filles à Caritas Felices.
De plus, en parallèle, j'avais enfin décidé de mettre en place et d'animer des activités artistiques tel que je l'avais prévu avant de commencer mon stage. Je me suis donc rendue au marché central de Lima, afin d'acheter une montagne de matériel : des petites boîtes de bois à peinturer, de la peinture, des pinceaux, du vernis, des assiettes jetables, etc. Comme c'était un jour férié, le traffic était épouvantable et je suis revenue tard et épuisée à Pachacámac. Je ne mets pas un pied dans la maison que les deux plus jeunes filles de la famille (Fátima 9 ans et Alexandra 11 ans) me demandent de leur montrer ce que j'ai dans mes sacs et quand elles commenceront à peinturer. Alexandra adore tout ce qui est artisanat et a beaucoup de talent. Heureusement, leur mère avait acheté le matériel qu'il fallait pour elles, mais elle a décidé pour moi que le lendemain à 8h00 j'allais me pratiquer avec elles en agissant en tant que leur tutrice et que nous n'allions pas déjeuner avant qu'elles aient terminé : la joie! J'aime faire ce genre d'activités et j'adore les enfants, mais comme c'est ce que je fais comme travail, de faire la même chose avec les enfants à la maison me parait parfois comme de l'overtime. D'autre part, évidemment, ne dit pas une heure précise à un enfant si tu ne penses pas pouvoir y palier, et comme elle et moi sommes deux lève-tard... 8h00 c'est encore la "madrugada" pour nous! Fátima ne s'est toutefois pas gênée pour venir entrer dans nos chambre le lendemain matin pour nous réveiller en nous reprochant qu'il était 8h00 passé. Cette petite a tout un caractère! On s'habitue... Je leur ai montré comment jouer à Rummy (un jeu de cartes pour ceux qui ne connaissent pas) et depuis, celles-ci ne manquent pas une occasion de jouer et de me demander si je souhaite participer.
Ma vie familiale est bien remplie : il y a tellement de gens dans cette maison qu'il y a toujours un événement, une sortie de prévue, quelque chose à faire, des gens à qui parler ou des enfants avec qui jouer et qu'il est difficile de s'ennuyer. Avec mes devoirs de stage et cette vie mouvementée, j'ai toutefois l'impression d'être plus fatiguée que revigorée d'énergie lorsque je recommence à travailler en début de semaine haha! Toutefois, avec le temps, je me rends compte que j'aime toute cette énergie et le petit quelque chose que chaque personne apporte de son côté. Ca me rappelle ma vie de famille lorsque j'étais petite, que nous étions encore six dans la même maison et que l'on recevait plus d'une trentaine de personnes à chaque Noël. Un jour, j'ai été invitée pour dîner dans la maison d'une autre volontaire, Martine. La maison, n'abritant que deux ou trois personnes avec Martine était spacieuse, joliment décorée et munie d'un jardin magnifique. Les plats étaient préparés avec finesse, tous les couverts étaient servis et bien assortis, chacun avait sa place assignée et l'hôte mangeait avec classe. Étrangement, je m'y sentais toutefois incorfortable et je manquais déjà l'ambiance plus chaleureuse de la petite cuisine de la famille qui m'accueille, où pratiquement tous se battent pour recevoir leur plat, où les couverts sont tous dépareillés, qu'une montagne de nourriture se termine systématiquement en un seul repas et que tous conversent et partagent sans gêne.
Quoi qu'il en soit, j'ai commencé à animer des activités artistiques cette même semaine là. Au début, ce fût comme pour les cours d'anglais à mes yeux : l'horreur haha! Une perte de contrôle totale de la situation, des enfants qui mettent le bordel partout et qui te demandent tous de l'aide individuelle en même temps sans écouter un mot quand on leur donne des consignes ou des conseils pour utiliser la peinture adéquatement, qui semblent dévorer le matériel tellement tout disparaît et s'épuise en un rien de temps et qui laissent la salle dans un bordel incroyable sans daigner m'aider à nettoyer malgré mes nombreuses demandes. Ce fût ainsi que je vécu ma première vraie semaine d'animation et d'enseignement toute seule. Je me disais que je n'étais probablement vraiment pas faite pour exécuter ce genre de travail, que les enfants ne m'aimaient pas, que je devenais stricte sans avoir aucune influence. Autrement dit, j'étais quelque peu découragée.
J'ai toutefois rapidement changé d'attitude, me rendant compte que j'essayais un peu trop de contrôler la situation en écoutant la peur que je vivais. J'aurais bien pu abandonner les cours, je suis certaine que ni les professeurs ni la directrice ne s'y seraient opposés... vu le désorde de cette école étrange, je me demande même s'ils s'en seraient appercus haha! Par contre, je savais que les enfants, eux, n'oubliraient pas, et que même si certains agissent parfois comme de vrais petits monstres en classe, la plupart me demandent souvent avec impatience quand sera le prochain jour durant lequel je leur enseignement l'anglais. La semaine suivante, j'ai donc décidé de mieux préparer mes cours d'anglais en choisissant un sujet plus attrayant, en imprimant des images et en préparant des feuilles d'exercice. Je suis arrivée sur place en me disant que peu importait si les enfants appréciaient ce que je faisais ou pas, que personnellement, j'appréciais leur présence, leur chaleur et leur vivacité et que je leur apporterais ce que je pouvais et que, si je ne leur fournissais pas cet apprentissage d'une langue qui leur sera problablement utile, voire nécessaire plus tard, personne d'autre ne le fera. Bonheur d'occasion (oui oui j'ai utilisé l'expression, elle n'est pas réservée qu'à Gabrielle Roy!), depuis, mes cours se sont dans l'ensemble très bien déroulés, les enfants se montrant plus tranquilles, plus attentifs et plus participatifs. Je sais cependant que leur attitude peut changer d'un jour à l'autre, qu'elle ne dépend pas que de moi et de la qualité de mon enseignement, que jamais n'est rien égal lorsque l'on travaille avec d'autres personnes et que cela fait partie de la vie et du travail, il faut apprendre à s'adapter en quelque sorte.
C'est la même chose qui s'est produit pour les activités avec les filles à Caritas Felices. J'ai découvert rapidement que de travailler avec peu de filles à la fois permet un meilleur déroulement des activités. Cela me permet d'apporter une aide plus égale et complète à chacun des participants et de veiller à ce que personne ne gaspille ou ne vole quelconque matériel. J'apprends également tranquillement à moins stresser et à voir le côté amusant de la situation. De plus, je commence à vraiment mieux connaître les enfants et les adolescentes avec qui je travaille et à apprécier le contact humain que j'entretiens au fil du temps avec eux, peu importe ce que l'on fait.
Après la première activité de peinture de petites boîtes de bois, j'ai continué à acheter régulièremenet du matériel pour faire de l'artisanat, mais plus près d'où je vis, au marché de Lurín. J'ai pu y trouver de la laine avec laquelle les adolescentes se tricotent des foulards (elles ont d'ailleurs promis de m'apprendre), du fil de couleurs multiples pour tisser des bracelets, puis des perles, fil, pinces et autres accessoires de métal pour fabriquer des bijoux des bracelets ainsi que des boucles d'oreilles.
Sept nouvelles volontaires sont d'ailleurs arrivées à Caritas Felices la semaine passée : deux de Corée du sud encore une fois, une d'Allemagne et quatre de France. Elle ne sont venues que pour une durée de trois semaines. Au début, cela fait un peu bizarre d'être autant de volontaires dans un si petit lieu, on se sent comme un groupe de touristes, des "gringas" facilement repérables et qui attirent l'attention par leur couleur de peau différente, mais on finit par s'y habituer. Le fait que nous soyons beaucoup nous aide légèrement à mieux gérer un gros groupe à la fois, mais il faut toutefois continuer de faire attention au matériel. Nous avons établi un horaire plus précis de travail et apprenons rapidement à collaborer ensemble : plus de têtes, plus de créativité. Les Francaises m'ont d'ailleurs remémoré plusieurs comptines d'enfants que nous répétons sans cesse accompagnées de jeux de mains avec les petites filles... elles ne s'en lassent pas! De plus, cette semaine, un groupe d'Américaines est débarqué pour une semaine avec leurs propres activités d'organisées de leur côté. Cela commence à faire du monde! Au moins, on peut dire qu'il y a de la vie dans cet endroit et que les filles risquent moins de s'ennuyer!
Voilà les news de mon stage en gros!
J'ai d'autres petites anecdotes à vous compter, je vous réécris sous peu!
Donnez-moi de vos nouvelles aussi si vous pouvez, je n'ai pas toujours l'énergie pour écrire, mais je ne manque jamais de vous lire!
À très bientôt tous! Je pense à vous à travers mes aventures péruviennes.
xx
¿Comó estàn? J'ajoute enfin de nouveaux écrits à mon blog trop souvent abandonné. Mille pardons pour ma paresse de vous écrire plus souvent. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à vous, vous me manquez tous et j'ai vraiment hâte de vous revoir pour qu'on jase à nouveau de vive voix! Mais j'avoue que ma vie est bien remplie ici et que je me laisse porter par les expériences que je vis, bonnes, mauvaises ou confondantes dans mes réflexions, tentant de profiter et de vivre le moment présent.
Je ne peux pas nier que j'ai vécu quelques moments difficiles il y a quelques temps. Ma partenaire d'enseignement m'ayant quittée pour voyager il y a quelques semaines, je me suis retrouvée toute seule pour donner mes cours d'anglais. La première semaine, les enfants ne tenaient pas en place, parlaient, criaient, se levaient constamment, sortaient de la classe ou me demandaient dix à la fois s'ils pouvaient aller au toilette. Je me suis dis que j'allais préparer plus d'exercices pour les faire participer puisqu'ils aiment bouger et interagir. Ce fût encore pire. Soit les enfants criaient tous en même temps les réponses même si je leur avais expliqué clairement de lever la main pour répondre, soit ils couraient et se battaient pour pouvoir écrire la réponse au tableau. Je commencais à douter de mes capacités à accomplir une telle tâche toute seule et à me demander si je ne serais pas mieux de me limiter au simple travail avec les filles à Caritas Felices.
De plus, en parallèle, j'avais enfin décidé de mettre en place et d'animer des activités artistiques tel que je l'avais prévu avant de commencer mon stage. Je me suis donc rendue au marché central de Lima, afin d'acheter une montagne de matériel : des petites boîtes de bois à peinturer, de la peinture, des pinceaux, du vernis, des assiettes jetables, etc. Comme c'était un jour férié, le traffic était épouvantable et je suis revenue tard et épuisée à Pachacámac. Je ne mets pas un pied dans la maison que les deux plus jeunes filles de la famille (Fátima 9 ans et Alexandra 11 ans) me demandent de leur montrer ce que j'ai dans mes sacs et quand elles commenceront à peinturer. Alexandra adore tout ce qui est artisanat et a beaucoup de talent. Heureusement, leur mère avait acheté le matériel qu'il fallait pour elles, mais elle a décidé pour moi que le lendemain à 8h00 j'allais me pratiquer avec elles en agissant en tant que leur tutrice et que nous n'allions pas déjeuner avant qu'elles aient terminé : la joie! J'aime faire ce genre d'activités et j'adore les enfants, mais comme c'est ce que je fais comme travail, de faire la même chose avec les enfants à la maison me parait parfois comme de l'overtime. D'autre part, évidemment, ne dit pas une heure précise à un enfant si tu ne penses pas pouvoir y palier, et comme elle et moi sommes deux lève-tard... 8h00 c'est encore la "madrugada" pour nous! Fátima ne s'est toutefois pas gênée pour venir entrer dans nos chambre le lendemain matin pour nous réveiller en nous reprochant qu'il était 8h00 passé. Cette petite a tout un caractère! On s'habitue... Je leur ai montré comment jouer à Rummy (un jeu de cartes pour ceux qui ne connaissent pas) et depuis, celles-ci ne manquent pas une occasion de jouer et de me demander si je souhaite participer.
Ma vie familiale est bien remplie : il y a tellement de gens dans cette maison qu'il y a toujours un événement, une sortie de prévue, quelque chose à faire, des gens à qui parler ou des enfants avec qui jouer et qu'il est difficile de s'ennuyer. Avec mes devoirs de stage et cette vie mouvementée, j'ai toutefois l'impression d'être plus fatiguée que revigorée d'énergie lorsque je recommence à travailler en début de semaine haha! Toutefois, avec le temps, je me rends compte que j'aime toute cette énergie et le petit quelque chose que chaque personne apporte de son côté. Ca me rappelle ma vie de famille lorsque j'étais petite, que nous étions encore six dans la même maison et que l'on recevait plus d'une trentaine de personnes à chaque Noël. Un jour, j'ai été invitée pour dîner dans la maison d'une autre volontaire, Martine. La maison, n'abritant que deux ou trois personnes avec Martine était spacieuse, joliment décorée et munie d'un jardin magnifique. Les plats étaient préparés avec finesse, tous les couverts étaient servis et bien assortis, chacun avait sa place assignée et l'hôte mangeait avec classe. Étrangement, je m'y sentais toutefois incorfortable et je manquais déjà l'ambiance plus chaleureuse de la petite cuisine de la famille qui m'accueille, où pratiquement tous se battent pour recevoir leur plat, où les couverts sont tous dépareillés, qu'une montagne de nourriture se termine systématiquement en un seul repas et que tous conversent et partagent sans gêne.
Quoi qu'il en soit, j'ai commencé à animer des activités artistiques cette même semaine là. Au début, ce fût comme pour les cours d'anglais à mes yeux : l'horreur haha! Une perte de contrôle totale de la situation, des enfants qui mettent le bordel partout et qui te demandent tous de l'aide individuelle en même temps sans écouter un mot quand on leur donne des consignes ou des conseils pour utiliser la peinture adéquatement, qui semblent dévorer le matériel tellement tout disparaît et s'épuise en un rien de temps et qui laissent la salle dans un bordel incroyable sans daigner m'aider à nettoyer malgré mes nombreuses demandes. Ce fût ainsi que je vécu ma première vraie semaine d'animation et d'enseignement toute seule. Je me disais que je n'étais probablement vraiment pas faite pour exécuter ce genre de travail, que les enfants ne m'aimaient pas, que je devenais stricte sans avoir aucune influence. Autrement dit, j'étais quelque peu découragée.
J'ai toutefois rapidement changé d'attitude, me rendant compte que j'essayais un peu trop de contrôler la situation en écoutant la peur que je vivais. J'aurais bien pu abandonner les cours, je suis certaine que ni les professeurs ni la directrice ne s'y seraient opposés... vu le désorde de cette école étrange, je me demande même s'ils s'en seraient appercus haha! Par contre, je savais que les enfants, eux, n'oubliraient pas, et que même si certains agissent parfois comme de vrais petits monstres en classe, la plupart me demandent souvent avec impatience quand sera le prochain jour durant lequel je leur enseignement l'anglais. La semaine suivante, j'ai donc décidé de mieux préparer mes cours d'anglais en choisissant un sujet plus attrayant, en imprimant des images et en préparant des feuilles d'exercice. Je suis arrivée sur place en me disant que peu importait si les enfants appréciaient ce que je faisais ou pas, que personnellement, j'appréciais leur présence, leur chaleur et leur vivacité et que je leur apporterais ce que je pouvais et que, si je ne leur fournissais pas cet apprentissage d'une langue qui leur sera problablement utile, voire nécessaire plus tard, personne d'autre ne le fera. Bonheur d'occasion (oui oui j'ai utilisé l'expression, elle n'est pas réservée qu'à Gabrielle Roy!), depuis, mes cours se sont dans l'ensemble très bien déroulés, les enfants se montrant plus tranquilles, plus attentifs et plus participatifs. Je sais cependant que leur attitude peut changer d'un jour à l'autre, qu'elle ne dépend pas que de moi et de la qualité de mon enseignement, que jamais n'est rien égal lorsque l'on travaille avec d'autres personnes et que cela fait partie de la vie et du travail, il faut apprendre à s'adapter en quelque sorte.
C'est la même chose qui s'est produit pour les activités avec les filles à Caritas Felices. J'ai découvert rapidement que de travailler avec peu de filles à la fois permet un meilleur déroulement des activités. Cela me permet d'apporter une aide plus égale et complète à chacun des participants et de veiller à ce que personne ne gaspille ou ne vole quelconque matériel. J'apprends également tranquillement à moins stresser et à voir le côté amusant de la situation. De plus, je commence à vraiment mieux connaître les enfants et les adolescentes avec qui je travaille et à apprécier le contact humain que j'entretiens au fil du temps avec eux, peu importe ce que l'on fait.
Après la première activité de peinture de petites boîtes de bois, j'ai continué à acheter régulièremenet du matériel pour faire de l'artisanat, mais plus près d'où je vis, au marché de Lurín. J'ai pu y trouver de la laine avec laquelle les adolescentes se tricotent des foulards (elles ont d'ailleurs promis de m'apprendre), du fil de couleurs multiples pour tisser des bracelets, puis des perles, fil, pinces et autres accessoires de métal pour fabriquer des bijoux des bracelets ainsi que des boucles d'oreilles.
Sept nouvelles volontaires sont d'ailleurs arrivées à Caritas Felices la semaine passée : deux de Corée du sud encore une fois, une d'Allemagne et quatre de France. Elle ne sont venues que pour une durée de trois semaines. Au début, cela fait un peu bizarre d'être autant de volontaires dans un si petit lieu, on se sent comme un groupe de touristes, des "gringas" facilement repérables et qui attirent l'attention par leur couleur de peau différente, mais on finit par s'y habituer. Le fait que nous soyons beaucoup nous aide légèrement à mieux gérer un gros groupe à la fois, mais il faut toutefois continuer de faire attention au matériel. Nous avons établi un horaire plus précis de travail et apprenons rapidement à collaborer ensemble : plus de têtes, plus de créativité. Les Francaises m'ont d'ailleurs remémoré plusieurs comptines d'enfants que nous répétons sans cesse accompagnées de jeux de mains avec les petites filles... elles ne s'en lassent pas! De plus, cette semaine, un groupe d'Américaines est débarqué pour une semaine avec leurs propres activités d'organisées de leur côté. Cela commence à faire du monde! Au moins, on peut dire qu'il y a de la vie dans cet endroit et que les filles risquent moins de s'ennuyer!
Voilà les news de mon stage en gros!
J'ai d'autres petites anecdotes à vous compter, je vous réécris sous peu!
Donnez-moi de vos nouvelles aussi si vous pouvez, je n'ai pas toujours l'énergie pour écrire, mais je ne manque jamais de vous lire!
À très bientôt tous! Je pense à vous à travers mes aventures péruviennes.
xx
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