Saturday, May 22, 2010

Première semaine à Pachacamac

Hé oui, ce qui devait arriver arriva! Après une seule journée de volontariat, comme tous les voyageurs en font la joyeuse expérience apparemment, je suis tombée malade, et pas à peu près! Indigestion, solide infection, 39 degrés de fièvre, maux de vente, allitée durant presque deux jours. Après la première journée, comme ma situation empirait, on m'a amené à la clinique : rien à voir avec les cliniques du Canada! Le docteur était extrêmement gentil et attentionné et, de son côté, s'intéressant à mon expérience ici, l'infirmière m'a pratiquement demandé de compter ma vie. On m'a prescrit de prendre plusieurs médicaments, deux litres (oui oui deux litres!) de sirop au goût infect et on m'a fait une ingection pour diminuer la fièvre rapidement. Habituellement, je n'ai aucun problème avec les piqûres, mais j'ai découvert les piqûres d'ici : hautement efficaces, mais intensivement douloureuses, tellement qu'il faut rester allongé une dizaine de minutes après pour attendre que la douleur passe.

Au Pérou, c'est incroyable la quantité de nourriture que les gens peuvent ingurgiter! À côté des Péruviens, je mange comme une souris. S'ils cuisinent un immense plat, tout doit être fini en un seul repas, même si chacun doit pour ça se reservir deux ou trois autres portions. Et ils tombent rarement malades. Par contre, la nourriture est excellente, "¡ que rico !". Parmi les plats typiques, nommons le "seviche" (poisson cru avec citron et aji), "chicharon de pescado" (poisson frit), le arroz verde con pollo" (rit vert avec poulet), le "arroz con leche" (riz au lait sucré), la "masamora" (un dessert aux fruits), la "chicha morada" (eau sucrée et citronée au jus de maïs violet) et le "pisco sour" (une boisson plus forte que le vin mais au combien délicieuse!).

À partir de jeudi, j'ai pu recommencer à travailler. Ainsi, première semaine de travail, petite semaine bien tranquille. À Caritas Felices, le centre où je travaille, le rythme et les façons de procéder sont un peu spéciales. Il n'y a pas vraiment d'ordre ni d'horaire précis, mis à part celui du collège. Parmi les filles, les petites vont à l'école le matin jusqu'à environ 13h00, tandis que les adolescentes s'y rendent le soir, à partir de 17h00 ou 18h00. Le matin, il n'y a donc que des adolescentes, qui s'occupent à cuisiner, à faire leur devoirs et à regarder la télévision. Après leur arrivée et l'heure du dîner, les petites doivent également faire leurs devoirs avant de pouvoir aller jouer. Ainsi, alors que j'avais passé mon lundi à jouer aux cartes avec quelques filles et à faire un traitement contre les poux (eh oui, il y a un important problème de poux là bas qui se règle tranquillement grâce à une initiative d'anciennes volontaires québécoises), j'ai passé tout mon jeudi à faire de l'aide aux devoirs. L'une des adolescentes en a profité pour me compter sa triste histoire de famille, qu'elle n'ose normalement raconter à personne. J'étais à la fois touchée de la confiance qu'elle m'accordait déjà et triste de ne pouvoir faire plus que de l'écouter et l'encourager à continuer ses efforts afin d'obtenir une vie meilleure qui lui convienne. Par contre, cela n'empêche que je pourrai jamais lui rendre sa famille et d'entendre des histoires comme telles est quelque chose qui vous fend littéralement le coeur.

À Caritas Felices, la relation avec les filles est assez étrange aussi. Lorsque tu arrives, certaines t'adorent déjà, surtout les petites. Certaines adolescentes te font des câlins et te disent qu'elles t'aiment, mais ne répondent pas lorsque tu leur demandes ce qu'elles aiment faire et rient gentiment de ton espagnol. Celles-ci préfèrent ne rien fire à faire une activité. Moi qui suis venue ici dans l'idée de créer des activités et de faire de l'animation, je me sens un peu déstabilisée dans cette situation. Ainsi, vendredi, la moitié des filles manquant et les autres occupées dans leurs tâches respectives, refusant ma proposition d'activité, je ne savais trop que faire. J'ai néanmoins aidé à nettoyer la cuisine : une bonne chose. De ma vie, je n'ai vu autant de mouches dans une même pièce! On s'y habitue, mais quand même...

Pachacamac, le districte où je vis, n'a rien à voir avec Lima. Il y a beaucoup plus de végétation et des petites motagnes de terre un peu plus loin. Dans les rues tranquilles vit une petite communauté si se connaît assez bien entre elle. La coutume veut que si quelqu'un te salut dans la rue, tu le salus à ton tour, question de politesse. À Montréal, un étranger te salut...moui bon, c'est un peu différent haha! Pour me rendre à Caritas Felices, je prends le bus et le taxi quelques minutes, puis je marche une dizaine de minutes dans un chemin de terre. D'un côté, il y a des murs de pierre, de l'autre des fermes. Si le passage est rempli d'eau, pas le choix, il faut passer! Les rues habritent nombreux chiens errants. Ils ont des maîtres, mais peuvent se promener à leur gré. Ils peuvent sembler effrayants au départ, mais tant que tu ne cours pas et que tu continues ton chemin calmement, ils te laissent tranquille.

Voilà voilà!
J'essaierai de vous envoyer des photos bientôt. Pour l'instant, j'ai préférai laisser mon côté touriste de côté, mais ça ne devrait pas tarder.

Ciao tout le monde!
xx

3 comments:

  1. Wow Gab, que d'aventure. J'adore te lire!! Continu à nous donner des nouvelles! **en passant j'aime beaucoup ton syle d'écriture** Prend soin de toi! -xx-

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  2. Salut soeurette !

    Content de savoir que tu vas mieux et que tu te plais dans la famille qui t'a accueuillie. C'est bien que tu aies du monde avec qui tu peux découvrir la culture (et la bonne bouffe!)

    Et on dirait que ton intégration au centre pour jeunes se passe bien aussi. Je suis très confiant que tu vas réussir à établir des bonnes relations de confiance et que tu vas finir par les faire participer à quelques activités, lâches-pas! Mais déja que tu sois là et disponible pour les écouter c'est le plus important, bravo!!!

    Continue de nous écrire.
    et prend du temps pour toi aussi.
    byebye !
    Marc
    xx

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