Thursday, July 22, 2010

Le chat sur la table

Chers amis, une autre anecdotes pour vous.

Je vous ai déjà dit qu'au Pérou je ne m'étonne plus de rien?

La semaine passée, j'ai eu l'occasion d'assister live à l'opération de stérilisation du chat de la maison. Pour aider la féline à passer à travers cette dure épreuve, la famille a décidé que nous allions lui tenir support en allant au vétérinaire toute la marmaille réunie. Pour couronner le tout, le hamster de la maison était mort quelques jours auparavant, quant au lapin, atteint d'une infection au derrière, a rendu l'âme le soir même dans la voiture en route vers le vétérinaire. L'humeur était donc joyeuse et détendue comme vous pouvez l'imaginer!

Rendus sur place, le lieu dans lequel on allait opérer le chat (qui, tant qu'à moi, ressemblait davantage à un garage), ne comptait qu'une seule pièce. À l'avant à la gauche se trouvait une table de métal séparée de la porte sur la droite par une simple vitrine de plastique transparant. Nous attendions que le vétérinaire soit prêt à procéder à l'opération quand, au bout de quelques minutes, je me suis apperçue que celui-ci allait opérer le chat sur la table de métal en question... en direct devant nos yeux. Le fait est que l'assistant vétérinaire était un ami d'un membre de la famille. Je ne sais pas si c'est là la procédure habituelle, mais tout de même, j'avais du mal à croire à cette idée! Nous nous sommes donc répartis autour de la table, à regarder comme des voyeurs le chat se faire endormir, ouvrir et tripoter l'intérieur. Quelle expérience!

Vous voyez les émissions du genre où la caméra nous montre sans gêne ni émotion les organes de l'animal à l'air libre et les chirurgiens en plein action. Eh bien, ça ressemblait à cela, mais en pire dépendamment du point de vue. Premièrement, quand le chat se faire endormir, il a une apparence de mort, avec les yeux et la bouche ouverte. Le vétérinaire a ensuite commencé par trancher la peau du ventre du chat couche par couche, ce qui n'est pas particulièrement agréable à voir. Placée du côté de la tête du chat, je pouvais voir sa langue se tendre et se mouvoir dans sa bouche lorsqu'il avait mal, ce qui m'écoeurait bien davantage que de voir l'opération en question. Une fois le corps ouvert, vint le travail principal du chirurgien. Celui-ci a passé une bonne demi-heure à chercher les ovaires dans le ventre de la femelle. Nous pouvions le voir sortir les organes du ventre un par un : "Ah non, ça c'est le gros intestin"..."Ah non, ça c'est la vésicule je crois"..."Ah non encore un autre bout d'intestin". À un moment, il a même enfoncé sa main dans le ventre et a commencé à fouiller de plus belle à l'intérieur. Et la pauvre chatte qui tordait la langue de plus belle! Le docteur a finalement réussit à trouver le premier ovaire, mais il a été obligé de couper un peu plus le ventre du chat pour trouver le deuxième.

Une fois cela fait, il a cousu et coupé chacun des ovaires, puis a recousu le ventre du chat, couche par couche encore une fois. Une fois ramené à la maison, celui-ci a mis deux heures à se réveiller. Après une nuit de douleur visible, déjà il voulait marcher et titubait courageusement avant de tomber après quelques pas d'un côté ou de l'autre, puis de recontinuer son chemin et de tomber de nouveau. Elle ressemblait à un chat qui a trop bu!

Je vous rassure, le chat va maintenant très bien. Elle a quand même mis une bonne semaine à se remettre et ses points de souture se sont fait retirés quelques jours plus tôt.

Voilà toute l'histoire!
Ciao ciao!

Saturday, July 3, 2010

Nouvelles nouvelles

¡Holà la gente!

¿Comó estàn? J'ajoute enfin de nouveaux écrits à mon blog trop souvent abandonné. Mille pardons pour ma paresse de vous écrire plus souvent. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à vous, vous me manquez tous et j'ai vraiment hâte de vous revoir pour qu'on jase à nouveau de vive voix! Mais j'avoue que ma vie est bien remplie ici et que je me laisse porter par les expériences que je vis, bonnes, mauvaises ou confondantes dans mes réflexions, tentant de profiter et de vivre le moment présent.

Je ne peux pas nier que j'ai vécu quelques moments difficiles il y a quelques temps. Ma partenaire d'enseignement m'ayant quittée pour voyager il y a quelques semaines, je me suis retrouvée toute seule pour donner mes cours d'anglais. La première semaine, les enfants ne tenaient pas en place, parlaient, criaient, se levaient constamment, sortaient de la classe ou me demandaient dix à la fois s'ils pouvaient aller au toilette. Je me suis dis que j'allais préparer plus d'exercices pour les faire participer puisqu'ils aiment bouger et interagir. Ce fût encore pire. Soit les enfants criaient tous en même temps les réponses même si je leur avais expliqué clairement de lever la main pour répondre, soit ils couraient et se battaient pour pouvoir écrire la réponse au tableau. Je commencais à douter de mes capacités à accomplir une telle tâche toute seule et à me demander si je ne serais pas mieux de me limiter au simple travail avec les filles à Caritas Felices.

De plus, en parallèle, j'avais enfin décidé de mettre en place et d'animer des activités artistiques tel que je l'avais prévu avant de commencer mon stage. Je me suis donc rendue au marché central de Lima, afin d'acheter une montagne de matériel : des petites boîtes de bois à peinturer, de la peinture, des pinceaux, du vernis, des assiettes jetables, etc. Comme c'était un jour férié, le traffic était épouvantable et je suis revenue tard et épuisée à Pachacámac. Je ne mets pas un pied dans la maison que les deux plus jeunes filles de la famille (Fátima 9 ans et Alexandra 11 ans) me demandent de leur montrer ce que j'ai dans mes sacs et quand elles commenceront à peinturer. Alexandra adore tout ce qui est artisanat et a beaucoup de talent. Heureusement, leur mère avait acheté le matériel qu'il fallait pour elles, mais elle a décidé pour moi que le lendemain à 8h00 j'allais me pratiquer avec elles en agissant en tant que leur tutrice et que nous n'allions pas déjeuner avant qu'elles aient terminé : la joie! J'aime faire ce genre d'activités et j'adore les enfants, mais comme c'est ce que je fais comme travail, de faire la même chose avec les enfants à la maison me parait parfois comme de l'overtime. D'autre part, évidemment, ne dit pas une heure précise à un enfant si tu ne penses pas pouvoir y palier, et comme elle et moi sommes deux lève-tard... 8h00 c'est encore la "madrugada" pour nous! Fátima ne s'est toutefois pas gênée pour venir entrer dans nos chambre le lendemain matin pour nous réveiller en nous reprochant qu'il était 8h00 passé. Cette petite a tout un caractère! On s'habitue... Je leur ai montré comment jouer à Rummy (un jeu de cartes pour ceux qui ne connaissent pas) et depuis, celles-ci ne manquent pas une occasion de jouer et de me demander si je souhaite participer.

Ma vie familiale est bien remplie : il y a tellement de gens dans cette maison qu'il y a toujours un événement, une sortie de prévue, quelque chose à faire, des gens à qui parler ou des enfants avec qui jouer et qu'il est difficile de s'ennuyer. Avec mes devoirs de stage et cette vie mouvementée, j'ai toutefois l'impression d'être plus fatiguée que revigorée d'énergie lorsque je recommence à travailler en début de semaine haha! Toutefois, avec le temps, je me rends compte que j'aime toute cette énergie et le petit quelque chose que chaque personne apporte de son côté. Ca me rappelle ma vie de famille lorsque j'étais petite, que nous étions encore six dans la même maison et que l'on recevait plus d'une trentaine de personnes à chaque Noël. Un jour, j'ai été invitée pour dîner dans la maison d'une autre volontaire, Martine. La maison, n'abritant que deux ou trois personnes avec Martine était spacieuse, joliment décorée et munie d'un jardin magnifique. Les plats étaient préparés avec finesse, tous les couverts étaient servis et bien assortis, chacun avait sa place assignée et l'hôte mangeait avec classe. Étrangement, je m'y sentais toutefois incorfortable et je manquais déjà l'ambiance plus chaleureuse de la petite cuisine de la famille qui m'accueille, où pratiquement tous se battent pour recevoir leur plat, où les couverts sont tous dépareillés, qu'une montagne de nourriture se termine systématiquement en un seul repas et que tous conversent et partagent sans gêne.

Quoi qu'il en soit, j'ai commencé à animer des activités artistiques cette même semaine là. Au début, ce fût comme pour les cours d'anglais à mes yeux : l'horreur haha! Une perte de contrôle totale de la situation, des enfants qui mettent le bordel partout et qui te demandent tous de l'aide individuelle en même temps sans écouter un mot quand on leur donne des consignes ou des conseils pour utiliser la peinture adéquatement, qui semblent dévorer le matériel tellement tout disparaît et s'épuise en un rien de temps et qui laissent la salle dans un bordel incroyable sans daigner m'aider à nettoyer malgré mes nombreuses demandes. Ce fût ainsi que je vécu ma première vraie semaine d'animation et d'enseignement toute seule. Je me disais que je n'étais probablement vraiment pas faite pour exécuter ce genre de travail, que les enfants ne m'aimaient pas, que je devenais stricte sans avoir aucune influence. Autrement dit, j'étais quelque peu découragée.

J'ai toutefois rapidement changé d'attitude, me rendant compte que j'essayais un peu trop de contrôler la situation en écoutant la peur que je vivais. J'aurais bien pu abandonner les cours, je suis certaine que ni les professeurs ni la directrice ne s'y seraient opposés... vu le désorde de cette école étrange, je me demande même s'ils s'en seraient appercus haha! Par contre, je savais que les enfants, eux, n'oubliraient pas, et que même si certains agissent parfois comme de vrais petits monstres en classe, la plupart me demandent souvent avec impatience quand sera le prochain jour durant lequel je leur enseignement l'anglais. La semaine suivante, j'ai donc décidé de mieux préparer mes cours d'anglais en choisissant un sujet plus attrayant, en imprimant des images et en préparant des feuilles d'exercice. Je suis arrivée sur place en me disant que peu importait si les enfants appréciaient ce que je faisais ou pas, que personnellement, j'appréciais leur présence, leur chaleur et leur vivacité et que je leur apporterais ce que je pouvais et que, si je ne leur fournissais pas cet apprentissage d'une langue qui leur sera problablement utile, voire nécessaire plus tard, personne d'autre ne le fera. Bonheur d'occasion (oui oui j'ai utilisé l'expression, elle n'est pas réservée qu'à Gabrielle Roy!), depuis, mes cours se sont dans l'ensemble très bien déroulés, les enfants se montrant plus tranquilles, plus attentifs et plus participatifs. Je sais cependant que leur attitude peut changer d'un jour à l'autre, qu'elle ne dépend pas que de moi et de la qualité de mon enseignement, que jamais n'est rien égal lorsque l'on travaille avec d'autres personnes et que cela fait partie de la vie et du travail, il faut apprendre à s'adapter en quelque sorte.

C'est la même chose qui s'est produit pour les activités avec les filles à Caritas Felices. J'ai découvert rapidement que de travailler avec peu de filles à la fois permet un meilleur déroulement des activités. Cela me permet d'apporter une aide plus égale et complète à chacun des participants et de veiller à ce que personne ne gaspille ou ne vole quelconque matériel. J'apprends également tranquillement à moins stresser et à voir le côté amusant de la situation. De plus, je commence à vraiment mieux connaître les enfants et les adolescentes avec qui je travaille et à apprécier le contact humain que j'entretiens au fil du temps avec eux, peu importe ce que l'on fait.

Après la première activité de peinture de petites boîtes de bois, j'ai continué à acheter régulièremenet du matériel pour faire de l'artisanat, mais plus près d'où je vis, au marché de Lurín. J'ai pu y trouver de la laine avec laquelle les adolescentes se tricotent des foulards (elles ont d'ailleurs promis de m'apprendre), du fil de couleurs multiples pour tisser des bracelets, puis des perles, fil, pinces et autres accessoires de métal pour fabriquer des bijoux des bracelets ainsi que des boucles d'oreilles.

Sept nouvelles volontaires sont d'ailleurs arrivées à Caritas Felices la semaine passée : deux de Corée du sud encore une fois, une d'Allemagne et quatre de France. Elle ne sont venues que pour une durée de trois semaines. Au début, cela fait un peu bizarre d'être autant de volontaires dans un si petit lieu, on se sent comme un groupe de touristes, des "gringas" facilement repérables et qui attirent l'attention par leur couleur de peau différente, mais on finit par s'y habituer. Le fait que nous soyons beaucoup nous aide légèrement à mieux gérer un gros groupe à la fois, mais il faut toutefois continuer de faire attention au matériel. Nous avons établi un horaire plus précis de travail et apprenons rapidement à collaborer ensemble : plus de têtes, plus de créativité. Les Francaises m'ont d'ailleurs remémoré plusieurs comptines d'enfants que nous répétons sans cesse accompagnées de jeux de mains avec les petites filles... elles ne s'en lassent pas! De plus, cette semaine, un groupe d'Américaines est débarqué pour une semaine avec leurs propres activités d'organisées de leur côté. Cela commence à faire du monde! Au moins, on peut dire qu'il y a de la vie dans cet endroit et que les filles risquent moins de s'ennuyer!

Voilà les news de mon stage en gros!
J'ai d'autres petites anecdotes à vous compter, je vous réécris sous peu!
Donnez-moi de vos nouvelles aussi si vous pouvez, je n'ai pas toujours l'énergie pour écrire, mais je ne manque jamais de vous lire!

À très bientôt tous! Je pense à vous à travers mes aventures péruviennes.
xx

Sunday, June 13, 2010

Un mois de moins

Voilà un mois que je vis et travaille au Pérou.
Incroyable comme le temps passe rapidement!

Il est clair que l'adaptation du début a été quelque peu difficile (culture bien différente, nouvelle famille, laissée à moi-même à accomplir un travail dans lequel je n'ai aucune expérience et dont la nature et les tâches sont à déterminer par moi seule en grande partie). Toutefois, je commence maintenant à parcourir avec plus d'aisance le chemin de ma nouvelle vie ici.

À Caritas Felices, je connais maintenant mieux les filles (petites et adolescentes avec qui je travaille). Avec le temps, je me rends compte que l'important dans ce milieu n'est pas simplement de créer et d'animer des activités. Il faut aussi être à l'écoute des besoins que manifestent ces personnes dans le moment présent et pour leur futur, et qui varient parfois de l'une à l'autre. Ainsi, la présence et la chaleur humaine, ainsi que l'échange culturel et de connaissances compte beaucoup dans ce que je fais. Je fais beaucoup d'aide aux devoirs, je joue et parle avec les filles, je lis des histoires aux petites, je vais les chercher à l'école.

Il y a un peu plus d'une semaine, trois nouveaux volontaires sont arrivés à Caritas Felices, des Coréens : leur nombre ainsi que l'exotisme de leurs visages, de leur langue et de leur culture a créé un attrait monstrueux auprès des filles, qui leur ont demandé de traduire pratiquement un dictionnaire au complet en signes coréens. Ceux-ci ne parlant que l'anglais et le coréen, je suis en quelque sorte devenue la traductrice entre eux et les filles...signe, je crois, que mon espagnol ne se porte pas si mal en fin de compte.

Cette semaine, j'ai commencé à mettre en place une activité de confection de peluches (toutous) qui, bien qu'elle paraissait bien compliquée à accomplir au départ, s'est avérée bien simple et a fait fureur autant avec les plus jeunes qu'avec les adolescentes. Tellement que j'ai dû racheter du matériel. Les premières ont fait des papillons, des coccinelles et des poissons (oui oui, certaines voulaient faire un poisson en peluche, quoi de plus populaire). Les grandes, elles, voulaient toutes faire des coeurs, des fleurs ou des étoiles...dans ce pays où les téléromans dramatiques à l'eau de rose sont les émissions les plus populaires, je ne m'étonne plus de rien! ;) D'autres, ne possédant même pas d'oreiller ou de foulard pour l'hiver ont préféré utiliser le tissu de façon plus pratique. En somme, il s'agit d'une belle expérience à vivre.

En outre, je bénéficie d'une chance unique et spéciale : avec une autre volontaire du Québec, Martine, j'ai commencé à donné des cours d'anglais au collège primaire où vont les plus jeunes de Caritas Felices. J'enseigne dans les classes de deuxième à sixième années les lundis, mercredis et vendredis. Les enfants de certaines classes sont des monstres, n'écoutent pas et ne tiennent pas en place. Au contraire, d'autres courent vers moi lorsque je me pointe au collège et me demandent toujours quand je leur donnerai leur prochain cours d'anglais et ce qu'ils apprendront. À ma grande surprise, je dirais que les meilleurs et les plus motivés sont à la fois les plus jeunes et les plus vieux. J'adore cette expérience et j'essais de préparer des cours qui sauront les intéresser. Les filles les plus jeunes de ma famille d'accueil ont d'ailleurs décidé de m'aider en me donnant des idées de thèmes et d'exercices à utiliser et me demandent en échange, à mon grand plaisir, de leur enseigner un peu de français. Cela fait drôle parfois de devoir travailler toute la journée avec des enfants et d'arriver dans une maison le soir où d'autres enfants me demandent de jouer avec eux.

Autrement, j'ai des tonnes de pages de devoirs de stage à faire, ce qui fait que j'ai moins de temps et de motivation pour écrire dans ce blog, mille pardons.

J'essaie toutefois de trouver un petit peu le temps de prendre le pouls du rythme de la fiesta péruvienne. Entre autres, parce que le mois de mai a été submergé d'anniversaires d'amis et de membres de la famille de ma famille d'accueil. Quelques différences à ce sujet. Ici, les bars se font plutôt rares et laissent place à des discothèques. Les Péruviens sont un peuple chaud et quand ils sortent, ils aiment danser. Aussi, les gens ont le droit de boire dans la rue et préfèrent se passer le verre et la bouteille de personne à personne en prenant de petites rations à la fois que de prendre chacun leur verre ou leur bouteille séparément. Je m'aperçois que c'est souvent dans les détails qu'on observe les particularités culturelles et c'est donc souvent chacun de ces détails que l'on retrouve la différence et l'unicité de chacun des peuples. C'est la même chose concernant les habitudes de vie, les objets, matériaux et techniques utilisés, la nourriture, etc.

C'est bien en voyage que l'on se retrouve à vivre un paquet d'événements qui normalement ne nous arrivent jamais. Quelques anecdotes.

1. J'ai la chance d'être tombée sur une famille qui possède une laveuse. Récemment, cependant, cette-ci a rendu l'âme. Un soir, j'ai donc dû faire mon lavage à la main, essorage compris. D'ailleurs, prévoyante comme je suis, j'ai attendu d'avoir porté tout le linge que j'avais apporté en voyage... je rappelle qu'on est presque en hiver ici, quand le soleil ne sort pas et que le linge est trempe de la sorte, cela peut prendre trois jours à sécher. Ainsi, au bout d'environ quatre heures de travail, les mains rouges et sans aucune force dans les bras, j'avais terminé! Quelle expérience! On a même dû me prêter du linge pour une journée.

2. J'ai récemment assisté à une grande parade réunissant presque tous les habitants de Pachacamac qui étaient dans un état de joie et d'émotivité total. La raison en était simplement le retour pour une quinzaine de jours d'un prêtre autrefois adoré de la communauté (un homme d'une bonté et d'une générosité peu communes apparemment) et parti vivre en Espagne depuis une quinzaine d'années. Événement que l'on ne retrouverait pas au Québec aujourd'hui je crois... du moins certainement pas à Montréal!

3. Un soir, j'ai dû coucher dans le dortoir des petites à Caritas Felices, à la demande de la tutrice qui s'absentait. Tout s'est bien passé : après un fil et du coloriage, j'ai couché les filles bien tranquilles à 9h30. À 22h30, les adolescentes reviennent du collège. Celles qui dorment dans le dortoir des petites ont allumé les lumières, mis de la musique, réveillé une petite pour savoir où elle avait laissé la télécommande de la télé. Pour eux, c'est normal apparemment et les petites dorment comme des pierres. C'est moi qui n'arrivais pas à dormir dans ces circonstances, sachant que je devais réveiller les petites le lendemain matin à 5h30! En attendant, j'ai passé au moins une heure à observer tranquillement les neuf coquerelles qui se promenaient sur la base de lit au-dessus de ma tête. Tant qu'elles restaient dans ce périmètre, je n'avais pas trop de mal. Je me disais : je suis au Pérou, c'est normal et elles dorment dans ces conditions toutes les nuits et sont encore vivantes! N'empêche, je n'ai pas passé une nuit des plus rafraîchissante.

4. Je suis sortie à la belle plage de Punta Hermosa l'autre soir avec d'autres volontaires dont je me suis liée d'amitié et quelques autres personnes. Nous buvions et discutions tranquillement, assis dans les marches entourées de grosses pierres et écoutant les vagues de la marée montante se jeter à nos pieds. Je laissais parfois mon verre reposer sur la marche où j'étais assise. Chanceuse comme je me découvre au Pérou, l'une de mes gorgées s'est accompagnée d'un condiment dont la texture ressemblait à celle d'une cerise artificielle. Étonnée, je l'ai sortie de ma bouche et j'ai eu l'horreur de la sentir bouger dans mes doigts. Apparemment, il s'agissait d'une coquerelle. Ouf! J'ai encore du mal à avaler l'idée haha! ...Ce n'est pas tout! À un moment, moi et Martine (une autre volontaire québécoise) sommes allées à la "salle de bain". Le réflexe canadien de laver nos mains par la suite nous a fait rapprocher de la mer... un peu trop, car la vague suivante, plus forte, nous a laissé les souliers et les bas de pantalon complètement trempés. Rien de si grave, jusqu'à ce que Martine se rende compte qu'entre temps, elle avait marché dans de la merde et que l'odeur restait bien imprégnée dans son soulier! Plus tard, à l'heure du retour, se suffisant des moyens du bord, celle-ci a décidé de revenir chez elle chaque pied dans un sac de plastique. Ainsi, dans la tranquillité et le silence quasi complet de la nuit, nous n'entendions que le bruit des sacs de plastique à chacun de ses pas : "shouk, shouk, shouk, shouk, ...". Je me mourais de rire.

5. N'ayant revécu cette pénible expérience depuis l'âge de trois ou quatre ans, voilà qu'au Pérou mon oreille décide de se munir d'une otite! Remède maison personnel : frire de l'ail dans de l'huile. Celui de ma famille d'accueil : faire brûler un cône de papier journal dont on insère la pointe dans l'oreille pour en faire sortir l'air ou l'eau dans un "pouf!". Malheureusement, aucune de ces recettes n'a fonctionné. Il s'agissait d'une inflammation. Durant la nuit la douleur me donnait l'impression que mon tympan allait éclater. Moi qui normalement ne visite jamais le docteur, j'ai dû retourner pour une deuxième fois en un mois à la clinique. Décidément, la chance me sourit au Pérou! ;)


Voilà les news du mois...toujours plus long...pour ceux qui aiment lire!
Je pense à vous, vous me manquez tous!
Donnez-moi des nouvelles itoo.

À bientôt!
xxx

Saturday, May 22, 2010

Première semaine à Pachacamac

Hé oui, ce qui devait arriver arriva! Après une seule journée de volontariat, comme tous les voyageurs en font la joyeuse expérience apparemment, je suis tombée malade, et pas à peu près! Indigestion, solide infection, 39 degrés de fièvre, maux de vente, allitée durant presque deux jours. Après la première journée, comme ma situation empirait, on m'a amené à la clinique : rien à voir avec les cliniques du Canada! Le docteur était extrêmement gentil et attentionné et, de son côté, s'intéressant à mon expérience ici, l'infirmière m'a pratiquement demandé de compter ma vie. On m'a prescrit de prendre plusieurs médicaments, deux litres (oui oui deux litres!) de sirop au goût infect et on m'a fait une ingection pour diminuer la fièvre rapidement. Habituellement, je n'ai aucun problème avec les piqûres, mais j'ai découvert les piqûres d'ici : hautement efficaces, mais intensivement douloureuses, tellement qu'il faut rester allongé une dizaine de minutes après pour attendre que la douleur passe.

Au Pérou, c'est incroyable la quantité de nourriture que les gens peuvent ingurgiter! À côté des Péruviens, je mange comme une souris. S'ils cuisinent un immense plat, tout doit être fini en un seul repas, même si chacun doit pour ça se reservir deux ou trois autres portions. Et ils tombent rarement malades. Par contre, la nourriture est excellente, "¡ que rico !". Parmi les plats typiques, nommons le "seviche" (poisson cru avec citron et aji), "chicharon de pescado" (poisson frit), le arroz verde con pollo" (rit vert avec poulet), le "arroz con leche" (riz au lait sucré), la "masamora" (un dessert aux fruits), la "chicha morada" (eau sucrée et citronée au jus de maïs violet) et le "pisco sour" (une boisson plus forte que le vin mais au combien délicieuse!).

À partir de jeudi, j'ai pu recommencer à travailler. Ainsi, première semaine de travail, petite semaine bien tranquille. À Caritas Felices, le centre où je travaille, le rythme et les façons de procéder sont un peu spéciales. Il n'y a pas vraiment d'ordre ni d'horaire précis, mis à part celui du collège. Parmi les filles, les petites vont à l'école le matin jusqu'à environ 13h00, tandis que les adolescentes s'y rendent le soir, à partir de 17h00 ou 18h00. Le matin, il n'y a donc que des adolescentes, qui s'occupent à cuisiner, à faire leur devoirs et à regarder la télévision. Après leur arrivée et l'heure du dîner, les petites doivent également faire leurs devoirs avant de pouvoir aller jouer. Ainsi, alors que j'avais passé mon lundi à jouer aux cartes avec quelques filles et à faire un traitement contre les poux (eh oui, il y a un important problème de poux là bas qui se règle tranquillement grâce à une initiative d'anciennes volontaires québécoises), j'ai passé tout mon jeudi à faire de l'aide aux devoirs. L'une des adolescentes en a profité pour me compter sa triste histoire de famille, qu'elle n'ose normalement raconter à personne. J'étais à la fois touchée de la confiance qu'elle m'accordait déjà et triste de ne pouvoir faire plus que de l'écouter et l'encourager à continuer ses efforts afin d'obtenir une vie meilleure qui lui convienne. Par contre, cela n'empêche que je pourrai jamais lui rendre sa famille et d'entendre des histoires comme telles est quelque chose qui vous fend littéralement le coeur.

À Caritas Felices, la relation avec les filles est assez étrange aussi. Lorsque tu arrives, certaines t'adorent déjà, surtout les petites. Certaines adolescentes te font des câlins et te disent qu'elles t'aiment, mais ne répondent pas lorsque tu leur demandes ce qu'elles aiment faire et rient gentiment de ton espagnol. Celles-ci préfèrent ne rien fire à faire une activité. Moi qui suis venue ici dans l'idée de créer des activités et de faire de l'animation, je me sens un peu déstabilisée dans cette situation. Ainsi, vendredi, la moitié des filles manquant et les autres occupées dans leurs tâches respectives, refusant ma proposition d'activité, je ne savais trop que faire. J'ai néanmoins aidé à nettoyer la cuisine : une bonne chose. De ma vie, je n'ai vu autant de mouches dans une même pièce! On s'y habitue, mais quand même...

Pachacamac, le districte où je vis, n'a rien à voir avec Lima. Il y a beaucoup plus de végétation et des petites motagnes de terre un peu plus loin. Dans les rues tranquilles vit une petite communauté si se connaît assez bien entre elle. La coutume veut que si quelqu'un te salut dans la rue, tu le salus à ton tour, question de politesse. À Montréal, un étranger te salut...moui bon, c'est un peu différent haha! Pour me rendre à Caritas Felices, je prends le bus et le taxi quelques minutes, puis je marche une dizaine de minutes dans un chemin de terre. D'un côté, il y a des murs de pierre, de l'autre des fermes. Si le passage est rempli d'eau, pas le choix, il faut passer! Les rues habritent nombreux chiens errants. Ils ont des maîtres, mais peuvent se promener à leur gré. Ils peuvent sembler effrayants au départ, mais tant que tu ne cours pas et que tu continues ton chemin calmement, ils te laissent tranquille.

Voilà voilà!
J'essaierai de vous envoyer des photos bientôt. Pour l'instant, j'ai préférai laisser mon côté touriste de côté, mais ça ne devrait pas tarder.

Ciao tout le monde!
xx

Thursday, May 13, 2010

Première journée à Lima

Me voici enfin. Après tous ces mois d'inquiétude et d'excitation, la réalité.

Après mon baptême de l'air (10 heures de vol : mal de ventre assuré) et mon accueil à l'aéroport de Lima, j'ai fait ma première découverte de la ville de nuit : déserte, bâtiment délabrés et un taxi qui déambule dans un trafic impulsif et déroutant. Une heure de décalage, une nuit à l'hôtel. Un autre matin tardif : plus personne dans le restaurant de l'hôtel.

Puis le baptême de la langue. Petit meeting avec le coordonnateur de l'organisme qui m'explique les formalités tandis que je baraguine de peine et de misère quelques réponses (Même si je comprends ce qu'ils disent parler c'est autre chose et j'ai l'air un peu attardée...apparemment mon espagnol est bon comparativement à d'autres volontaires... je n'aurais pas voulu être à leur place!). Il me présente ensuite à sa collègue qui me fait visiter un peu plus tard le centre-ville de Lima. Je me sens vraiment comme une étrangère, "una grinda", ça fait drôle de déambuler dans des rues et de ne ressembler à personne pratiquement. Mis à part quelques touristes, c'est pas compliqué : ils sont tous Péruviens. Déjà, à Montréal, les immigrants paraissent mille fois plus inaperçus, mais je peux comprendre le sentiment qu;ils peuvent vivre au d-but, surtout au niveau de la barrière de la langue.

Après départ en voiture vers Pachacamac, un districte de Lima, comme Lurín (je commence à comprendre que Lima est une immense ville qui n'en finit plus et qui englobe plusieurs petites municipalités). Que je ne vois jamais un Canadien/Américain conduire au Pérou : suicide assuré. Eux savent ce qu'ils font au moins!

Rencontre avec ma famille d'accueil, qui déjà grande s'est avérée encore plus grande que prévu : les parents (Milagros et Jose), 3 filles (Johana 15 ans, Alexandra 11 ans et Fatíma 9 ans), le frère de Milagros (Ricardo), leur soeur (Rosa) et son fils (Juan) et les deux employées de la compagnie de comptabilité qui se trouve dans la même petite maison. La culture est vraiment différente : l'apparence des bâtiments, la nourriture, gens très sympathiques, la famille est extrêmement importante et reste proche, religion catholique et messe de 19h00 tous les soirs! (et oui je suis allée à la messe : 13 mai, un jour de célébration spécial, l'église était magnifique, des peintures et des statues religieuses partout). Ce fut suivi d'une réunion familiale encore plus grande, souper dans le salon, les uns collés sur les autres, les conversations des adultes que je ne comprends pas et les enfants curieux qui me posent des questions.

Voilà, demain je rencontre les jeunes filles à Caritas Felices et je commence à travailler lundi.

J'essaierai de faire plus court la prochaine fois! ;)
À mes lecteurs, prenez soin de vous!
Bon été et à bientôt!