Monday, July 1, 2013

Les derniers milles... ou faire de la route pour faire de la route!

Toute une journée...

Après un dernier BBQ bien arrosé au ghesthouse de Langkawi la veille et trois petites heures de sommeil, lever matinal vers 7h30-8h pour me rendre à la plage de Pantai Cenang, à 30 minutes en voiture à l'ouest de l'île, ou je me suis envolée en parachute ascensionnel depuis la plage, planant tranquillement pour un petit 5-7 minutes au-dessus de l'eau, trainée du bout d'une corde par un bateau. Pas si mal, c'est pas aussi impressionnant que je pensais finalement, mais c'est relax, c'est juste haut, un survol de la plage, les gens sont tous petits.

Après ca, retour en voiture : en route vers le ferry : départ de Langkawi vers Satun, en Thaïlande, à 13h00. Arrivée vers 14h30, l'heure à laquelle devait partir mon bus de Satun pour aller à Hat Yai, et dont j'avais déjà acheté le billet à l'avance la veille en Malaisie (quelle idée!). Première dose de stress de la journée. J'apprends alors qu'il y a une heure de décalage : il est 13h30 en Thaïlande. Soulagement. Une fois les papiers de l'immigration remplis, je prends le premier taxi qui se propose pour me rendre à la station de bus, celle de Satun! : je dois le répéter 4 fois au chauffeur, qui est décidément décidé de m'amener directement à Hat Yai en taxi, pour, attention rabais : 1200 Bahts (=41$). J'hallucine. Entre ça et les 39RM (=12$) que j'ai payés. "Non merci, ça va, j'ai déjà mon billet de bus. {...} Oui, je sais j'ai beaucoup de bagages, mais bon... ça va aller, la prochaine fois peut-être!" (m'en parle pas, j'ai le dos en compote, même après tout ce que j'ai posté déjà, c'est pas croyable...). J'arrive à la station de bus à 14h00. Je montre mon billet à la réception. On m'annonce que le bus sera à 15h00 finalement... bon ça va, une petite demie-heure, c'est pas si mal, et je serai quand même à temps. Ce sera au quai # 9 ou 10. Parfait. Attente. Le bus arrive. Je donne mon billet au chauffeur, qui se dirige illico vers la réception. Ok, qu'est-ce qui se passe? Finalement, les mêmes préposées à l'entrée à qui j'avais parlé une heure plus tôt m'annoncent que mon billet n'est pas valide. Je dois en payer un autre! Alors que je viens de donner tout mon petit change en Bahts en poche au chauffeur de taxi et qu'il n'y a absolument aucun guichet ATM dans les parages de la station. Je m'impatiente : "Comment ca, j'ai payé, regardez : voilà le montant, la signature, l'heure de départ... C'est quoi le problème??!" Une des filles appelle alors la compagnie de vente malaisienne à un numéro inscrit sur le billet. "Okay. Guy from company coming. Moment please." qu'elle me dit avec un sourire timide. "Mais le bus... il s'en va!" "Yes... next one 4 o'clock", son petit sourire s'agrandit, ses yeux se plissent. Je fulmine : "No! 4 o'clock, too late! How much time to go to Hat Yai?" J'allais froler la crise de nerd typique de la cliente insatisfaite qui s'insurge devant la pauvre petite caissière qui n'y peut rien, une première : "I booked a flight in Hat Yai, I'm gonna miss my plane!" "Yes.", pour toute réponse satisfaisante; elle garda un semi-sourire, hésitante : son malaise était palpable.

Je retourne m'asseoir, déconfite. Ça y est, c'est sûr, je vais (encore) manquer mon vol. Cinq minutes s'écoulent. Un monsieur arrive au comptoir. La jeune fille vient me chercher : c'est réglé, le monsieur va m'amener sur sa moto pour attraper un minibus qui partira dès 15h30... ben voyons! Eh oui... Quel soulagement! Je grimpe chargée comme une mule sur sa mobylette et nous nous rendons en quelques 10 minutes à destination. Le minibus et ses futurs passagers m'attendent, bien calmement. L'homme explique la situation au chauffeur qui vient me voir : pour un petit surplus, il me conduira directement à l'aéroport, ce qui me coûtera moins cher que de prendre en taxi supplémentaire rendue en ville. Par chance, il y avait un guichet à trois pas de là. Quand la vie vous sourit...! ;)

Sur la route, j'ai jasé avec un sympathique couple originaire de Turquie, qui étaient eux deux en voyage depuis quatre ans déjà, et sans l'intention de s'arrêter de sitôt! Ils ont laissé leur profession de journalistes dans leur pays, écoeurés du système et du déroulement des choses pour installer leurs nouvelles bases en Australie, où ils ont été de passage à plus long terme à quelques occasions, puis bouger au quatre coins de l'Asie et même s'installer temporairement en Thaïlande, près de Hat Yai, où ils se sont faits proposés sur place un contrat en enseignement.

Le voyage fut rapide... pour la dernière partie, j'en ai profité pour dormir... la journée n'était pas finie.

Arrivée à l'aéroport. Une grande pancarte affiche, juste au-dessus de la porte d'entrée principale avec les  gardes de contrôle derrière, un message du genre : "aucune drogue, aucun animal ou produit animalier, sous peine de prison minimale d'un an...". Bref, je n'ai pas pris de risque, j'avais oublié de regarder les lois aéroportuaires de la Thaïlande sur le sujet avant d'arrivée et là il était trop tard, le message me semblait assez clair : j'ai jeté vite fait la petite bouteille d'alcool de serpent (il y en avait littéralement un flottant dedans, comme c'est toujours le cas là-bas) achetée pour trois fois rien à Hoi An au Vietnam. Tant pis, je préfère la liberté!

Le reste s'est déroulé dans les règles. Un système de taxi de l'aéroport vers Bangkok organisé et efficace pour palier à la quantité astronomique de touristes qui y débarque quotidiennement, avec des files d'attentes au bout desquels une préposée au comptoir vous demande votre destination et vous assigne un chauffeur; le mien avait un sourire de boeuf et la réplique d'une carpe... le chiffre de nuit ne lui faisait pas on dirait le pauvre. Néanmoins, les manières ne font pas la personne en Asie. En voyant mon regard complètement perdu à l'arrivée, il m'a aidée à trouver à pied l'emplacement de mon auberge sur place, caché entre les mille zigzags d'une étroite ruelle pavée de bois avec des tournants à droite et à gauche à chaque dix mètres (encore après deux jours, je me perdais pour retrouver mon auberge à la fin de la journée... comme la plupart des autres résidants... une pancarte pour indiquer où elle se trouvait était située sur l'un des murs de la petite ruelle, il y avait bien une pancarte... à un ou deux tournants avant l'arrivée... quand on a le sens de l'orientation (ou une bonne mémoire) tout va bien! Pour les autres, traînez l'adresse dans vos poches, y'a plus qu'à demander dans l'espoir qu'un des voisins dans les parages vous comprendra...).

Il était passé 1h00. J'ai posé mon sac dans cette nouvelle chambre étrange qui serait la mienne pour deux nuits, et je me suis écroulée sur le lit. Releaf...!

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